Eglise Saint-Symphorien

Une « cathédrale campagnarde » au cœur de Fully

Visible de loin avec son imposante silhouette, l’église Saint-Symphorien est parfois surnommée la « cathédrale campagnarde ». Et pour cause : avec ses quelque 1000 places assises, elle est la plus grande église du diocèse de Sion. 

Mais Saint-Symphorien est d’abord l’église d’une communauté. Depuis des siècles, les habitants de Fully s’y retrouvent pour célébrer, prier et confier à Dieu les grandes étapes de leur vie.

L’église est ouverte à tous : pour participer à une célébration, se recueillir, allumer une bougie, adorer ou simplement découvrir un remarquable ensemble d’art sacré du XXe siècle.

 

 

Une église à Fully depuis plusieurs siècles

La présence d’une église à Fully est ancienne. Une première mention connue remonte à 1444, lors de la visite de l’évêque Guillaume de Rarogne. L’édifice est alors déjà placé sous le patronage de saint Symphorien.

Au XVIIIe siècle, l’église est largement reconstruite. De cet édifice subsiste notamment le clocher de 1746, haut de 32 mètres, qui abrite cinq cloches et que l'on peut toujours admirer aujourd'hui. 

Au début du XXe siècle, Fully grandit rapidement. L’ancienne église, qui ne peut accueillir que 300 à 400 personnes pour une population d’environ 2000 catholiques, devient trop petite. À son arrivée en 1930, le curé Henri Bonvin porte alors le projet ambitieux d'une nouvelle église. 

 

 

Une œuvre d’art à part entière

Le chantier débute en 1934 sous la direction de l’architecte Lucien Praz. Pour la décoration, le curé Henri Bonvin fait un choix audacieux : il sollicite Edmond Bille, figure importante du renouveau de l’art sacré, qui travaillera notamment avec l’artiste valaisan Paul Monnier.

Le projet est pensé comme un tout : architecture, peintures, vitraux, mosaïques, mobilier et matériaux doivent former un ensemble cohérent. L’église est consacrée le 26 octobre 1936 et les travaux sont entièrement achevés en 1938.

 

 


Saint Symphorien, du parvis jusqu’au chœur

Dès l’extérieur, le visiteur est accueilli par les trois saints patrons de Fully représentés en mosaïque : saint Symphorien, au centre, entouré de saint Ours et saint Gothard. Réalisées en pierres naturelles et en tesselles de verre dorées et argentées, ces mosaïques scintillent avec la lumière. 

À l'intérieur, le regard est immédiatement attiré par la monumentale peinture du chœur. Le Christ en majesté siège sur un arc-en-ciel, entouré des symboles des quatre évangélistes. Deux anges lui présentent saint Symphorien.

Dans la partie inférieure est racontée la vie du jeune martyr d’Autun, mort pour sa foi vers l'an 178. Toute la composition conduit ainsi progressivement le regard de saint Symphorien vers le Christ.

 


Des vitraux comme un « catéchisme en images »

Il faut aussi prendre le temps de regarder les dix grands vitraux, hauts d’environ 5,5 mètres. À travers une trentaine de scènes, ils racontent la vie de différents saints et constituent un véritable « catéchisme en images ». 

Saint Martin, saint Hubert, sainte Catherine d’Alexandrie, saint Antoine, sainte Cécile ou encore sainte Anne : Edmond Bille choisit notamment des saints proches de la vie et des préoccupations des habitants du Valais, de ses familles et de ses campagnes.

Autour de la nef, le chemin de croix mérite lui aussi le détour. Il est réalisé selon la technique particulière de la peinture sous verre : l’artiste peint au dos de la plaque, en commençant par les détails avant de réaliser le fond.